INTERVIEW – Aelpéacha : le soleil dans le dos

Aelpeacha - Photo © Leo-Paul Ridet pour le Batard Blog Photos © Leo-Paul Ridet pour le Batard Blog

Dans ma vie il y’a une femme, c’est la liberté / La Ride, c’est pas avoir c’est être. C’est pas du rap au kilogramme, mais au kilomètre… Plus qu’un leitmotiv, un mode de vie pour Aelpéacha. Depuis près de vingt ans sa carrière penche du côté ouest, celui du G-Funk californien et de sa culture ride. Mais ce manifeste hédoniste n’empêche ni la productivité ni le cumul des mandats. Beatmaker, rappeur, réalisateur, producteur, ces différentes casquettes permettent au bonhomme d’afficher plus d’une trentaine d’albums au compteur. Plus d’une trentaine d’albums qui trouvent leurs sources au studio Delaplage, dans son fief de Splifton (Joinville-le-Pont). Plus d’une trentaine d’albums dans lesquels les virées en caisses, l’alcool, les barbecues et les gros booties occupent une place de choix. Mais pas seulement. Le prochain rendez-vous avec Aelpéacha sera un concert le 21 mars 2015 au Pan Piper avec son live band. D’ici là ? Cet entretien de bâtard avec le patron de la West Coast de France.

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A quel moment se fait ta découverte du rap ?
Pendant l’été 1993. Je suis alors à New York en pleine sortie du single Dre Day de Dre. Le morceau passait tout le temps à la radio, partout. Tout le monde était sous perfusion. Le disque était même en rupture de stock et j’ai du attendre de rentrer en France pour l’acheter. Avant ça je ne suis le rap que de très loin, j’avais pas vraiment accroché. Il y avait un coté pas assez mélodieux, pas assez musical. De plus en France c’était toujours relié à un message qui me cassait les couilles. Mais le fait de découvrir Dre Day sur place à New York m’a converti au rap.

Avant le rap, dans quelle ambiance musicale tu évolues ?
Beaucoup de chansons française. Barbara, Léo Ferré, Brassens, Gréco… Soul et Funk aussi dans ma jeunesse, James Brown. Et énormément de reggae.

Avant de rentrer plus en détail dans ta carrière, quels sont tes trois albums indispensables de rap ?
The Chronic de Dre, Save + Sound de Dj Quik et Niggaz4ife de N.W.A. Ces trois albums je peux les écouter n’importe où n’importe quand.

Etonnamment, ce n’est pas Straight Outta Compton de NWA que tu cites.
Même si c’est l’album pivot qui a tout lancé, celui avec Ice CubeFuck da Police, Gangsta Gangsta ou Express Yourself, c’est encore – et c’est dur de dire ça – le son préhistorique. Le son moderne arrive avec la mutation de Niggas4life, The Chronic et Doggystyle. Tout se joue sur ces trois albums. Dans Niggaz4life t’entends tout ce qui va se passer dans les 90’. Surtout pour moi qui suis focalisé sur la musique et pas du tout sur le flow. D’ailleurs malgré le charisme d’Ice Cube, je ne peux pas écouter ses premiers albums solo produits par Bomb Squad qui ne me parlent pas du tout musicalement.

Straight Outta Compton c’est encore le son préhistorique

Et tu passes directement d’auditeur à rappeur ? En fait je voulais être Dj. Dés que je commence le rap j’achète des disques. Je vais à Londres où l’accès aux disques est impressionnant et avec ma mentalité de Dj je cherchais les remixes. J’avais beaucoup baigné dans la musique car mon beau père produisait Suppa John, un des gars de la première scène du reggae parisien donc j’avais déjà beaucoup d’albums à la maisons. Ensuite j’ai commencé à faire beatmaker puis réalisateur.

Peux-tu nous expliquer les différences ?
Le beatmaker c’est le musicien, celui qui fait les sons. Le réalisateur va mettre en forme tout l’album et lui donner vie. Choisir les sons, les organiser, rajouter un choriste ou enlever un sample pour le rejouer. Ensuite le producteur c’est celui qui sort la thune, fait rentrer les mecs en studio, paye les campagnes marketing. Moi je suis indépendant de la première à la dernière étape, donc je cumule les casquettes. De la conception jusqu’à l’enregistrement, au mix en passant par le financement et même les produits dérivés etc…

Et pour le rap ?
Ma première volonté est de reproduire ce que j’entendais avec NWA, Dre et les autres. C’était l’aspect testimonial comme dirait Mouloud (ndlr: Mouloud Achour). Je voulais faire des sons, des interludes. Raconter une histoire, un film et t’emmener dans un univers. Je me suis clairement mis à rapper par défaut. Tout part d’un défi pourri où je suis avec SOB qui rappait déjà et je ne sais pas pourquoi, je lui dit que rapper c’est facile. « Ah ouais c’est facile alors fais-le ». Ensuite Fabrice (ndlr: Fabrice Eboué) arrive dans la pièce, écrit mon premier texte et je finis par me prendre au jeu. Mais à la base c’est plus pour déconner et faire comme les autres, jusqu’au moment où tu as écrit pas mal de truc, que tu les tournes de manière poétique. Après tu te retrouves à mixer le premier morceau car t’as pas de mixeurs… Mais le premier truc c’est vraiment faire de la musique.

Le premier album arrive rapidement ? 
Après quelques années. Embauche pour la débauche du Club Splifton en 1999.

L’année 2000 semble marquer le début de la professionnalisation ?
Clairement! On rencontre les RD (ndlr: Réservoir Dogues) qui sont comme nous à fond dans le délire g-funk. Mais avec un autre état d’esprit, plus gangsta, tatouages et tresses. Nous, on était plus casquettes, Jheri curl et barbecue. Et mixer les deux a donné un truc improbable et à partir de ce moment là on est vraiment rentré en studio.

Après 27 ans un rappeur n’est plus bankable

En indépendant ?
Je n’ai jamais eu le choix de toute façons.

C’est un regret ?
Non. L’industrie a énormément changé avec Internet. Le rap c’est une musique de jeunes donc pour les radios et les majors, un rappeur, passé 26-27 ans n’est plus considéré comme bankable. C’est une réalité de l’industrie. Donc si tu attends que les mecs viennent te démarcher ou que tu courent après, tu ne fais rien en fait. Avec Internet le seul point négatif c’est qu’on vend moins de disques qu’à l’époque de CSRD et West Rider. Le point positif c’est qu’on est beaucoup plus exposé, libre et indépendant dans notre manière de faire, de toucher notre public ou de faire notre promo.

Aelpéacha
Photos © Leo-Paul Ridet pour le Batard Blog

Tu n’as pas eu l’impression qu’en France le son West Coast était traité à part, voire mis de côté, par la presse spécialisée ?
Le son West Coast a toujours existé mais il était estampillé rap français. Un jour L’Affiche, qui est un gros magazine à l’époque, fait une table ronde West Coast et sort une quadruple page et nous vend au public comme du West Coast. Ensuite on a enfoncé le clou en appelant notre compilation Westrider. Mais Ministère AMER, TSNExpress D ou Sully B le faisait déjà depuis de nombreuses années. L’album de Sté, en terme de prods c’était déjà ça.

Est-ce que tu penses que cette étiquette vous a défavorisé ?
Je n’en sais rien. Ce son cartonnait à l’époque aux Etats-Unis donc tous ceux qui voulaient faire des hits en France le reproduisaient. Du coup il a été estampillé commercial alors que des groupes underground comme Express D et TSN le pratiquaient déjà. Le discours est biaisé à la base.

Ça donne le sentiment qu’en France un seul type de rap peut tenir le haut du pavé à la fois… 
Le premier point c’est que la France reste un petit marché en terme de ventes. Il y a suffisamment de place pour tout le monde mais pas assez de place pour que tout le monde puisse vendre. Des disques d’or tu n’en as qu’un certain nombre par an. Le deuxième point c’est que même si nous sommes le deuxième marché de rap au monde et présent depuis le début, on n’a pas réussi à faire autre chose que du rap américain en français. A chaque fois qu’un style sort on le réplique, c’est la tendance donc on le fait. D’abord Biggie, après la West Coast, le Dirthy South, No Limit, Lil’Wayne. Le principe qui s’opère dans tous les pays de musique c’est que lorsqu’un style sort il est récupéré et mélangé à d’autres styles pour créer un nouveau courant. Mais en france ça ne se fait jamais, ni dans le rock ni dans le rap. La seule exception c’est la musique électronique avec la French Touch et ce n’est qu’au qu’au bout de 20 ans que les mecs ont été reconnu à l’international et grammisé.

Les 00′ c’est l’ère disco du rap

D’ailleurs dans STC à Vie, tu places une interlude de Mouloud Achour dans laquelle il dresse un tableau assez alarmiste sur le rap français, son contenu et la qualité des rappeurs qui vendent. C’est des propos auquel tu adhères? 
Il le dit de manière frontale et c’est rare qu’un mec aussi exposé s’exprime si clairement. Il explique que souvent les rappeurs qui vendent font de la merde, mais c’est pareil pour la variétés ou le rock. En Maisons de disque ils pensent « il nous faut le nouvel Eminem, la nouvelle Britney Spears. » A partir du milieu des années 90′ quand les albums se font avec quasiment que des featurings c’était déjà plus du business que du rap. Tu as le rap des tout débuts, puis le rap politisé, ensuite le gangsta rap et enfin un Eminem qui ferme la marche dans les années 2000 et ensuite tu n’as plus de message à part : on est dans l’espace VIP avec des bouteilles, des putes et des liasses de billets. Je veux dire que la critique de Mouloud n’est pas franco-française. C’est une évolution logique des musiques : James Brown invente le funk, après tu as Sly Stone, Clinton et ensuite le disco-funk des années 80 c’est juste des mecs qui sont en club et qui boogient. Il n’y a pas d’autres discours. A un moment l’argent prend un tel pas sur la musique qu’il finit par l’orienter. Et les années 2000 c’est l’ère disco du rap. Mais depuis quatre ou cinq ans aux Etats-unis ça commence à évoluer avec d’autres mouvement qui sont en train de naitre, sous l’influence des anglais comme Dizzee Rascal et du Grime qui les ont beaucoup marqués. Et plus récemment avec des mecs comme Kendrick Lamar en terme de discours.

Quels morceaux tu conseillerais à quelqu’un qui ne te connais pas ?
Ya pas qu’la chatte1fois 2fois 3fois et String Volant sont assez représentatifs de ce que je fait et de mes différents sons. Le premier est ambiance cool et fun, le deuxième un peu plus west coast avec les sirènes et le reste, et le dernier dans lequel je montre que je peux m’adapter à l’air du temps tout en gardant le même esprit. Pour String Volant et 1fois 2fois 3fois, il s’est passé la même chose, en le réécoutant je me suis dit qu’il se passait un truc. Mais pas pour Ya pas qu’la chatte, c’était trop spontané, j’ai pas vu le truc arriver…

Personnellement je trouve que String Volant est un morceau plus profond que son titre peut le suggérer…
En 2008, au moment du Pèlerinage, je tenais absolument à clipper Rider Otop avec MSJ et Papillon. J’avais vu les présentoirs de strings sur les marchés et je voulais faire un clip avec des caisses, des motos, des vélos, des skateboards, des cars – la ride quoi! – dans lequel j’arriverais à pied mais avec mon string-volant. Au final on n’a pu le faire. Ensuite en préparant Val 2 Marne Rider II, j’écoute l’instru de String Volant et je me suis dit qu’il avait une certaine profondeur et qu’il ne fallait pas raconter de conneries dessus. Je réfléchis et réfléchis encore, je ride avec et je ne trouve pas quoi rapper dessus. A côté j’avais ce thème fort du string-volant et je pensait qu’il fallait mélanger les deux. Mais une voie dans ma tête me disait « mais non tu vas niquer l’instru, mets pas tes conneries dessus tu vas le gâter ». Et en fait pas du tout. C’est comme pour Ya pas qu’la chatte mais inversé. Sur Ya pas qu’la chatte c’est un texte hardcore qui traite de la sodomie mais sur une mélodie tellement fun que ça passe. C’est un truc que j’aime bien faire car c’est pas parce que tu fais un truc hardcore que tu dois faire un son hardcore. Sauf que sur String Volant je l’ai fait un peu par erreur.

Pour rebondir sur Ya pas qu’la chatte, tu l’avais rappé à Planète Rap en 2012, et une certaine gêne semble envahir le studio. Tu l’as ressentie ? 
Pas tellement. Mais c’est compliqué la musique en France. Il manque cette spontanéité, cet amusement. Et quand ils n’ont pas ce cadre dans lequel on a édicté certaines lois et règles ils ne savent plus où ils sont en fait. Nous on appelle ça être bonnard quand tu es dans l’instant. Si ça fonctionne tu ne te prends pas la tete. Et quand tu vas dans les pays de musique, à Londres ou aux Etats-Unis, les gens peuvent péter un câble sur un morceau connu ni d’Adam ni d’Eve. Ils ont cette culture en eux, culture qui se véhicule déjà à la maison de zéro à dix ans. Alors qu’ici dés qu’on sort des clous on ne sait plus où on habite.

STC à Vie c’est une manière de tourner la page ?
Carrément. En 2013 j’ai sorti trois albums (Ride Hivernale, Studio Liqueur, Summer of Love) qui n’étaient pas du tout pas G-Funk. J’avais envie d’explorer d’autres terrains mais je sentais que mon public avait une attente. Et après le décès de Desty en 2013 (ndlr: Desty Corleone, membre des RD), on était en train de préparer des morceaux avec CSRD et  je me suis dit que c’était le moment de ressortir un album 1000% G-Funk. Après je ne sais pas si c’est le dernier mais je reviens à la genèse du Splifton.

J’ai assez de hip hop pour proposer autre chose

Studio Liqueur est également très différent de ce que tu avais coutume de produire.
Studio Liqueur est hybride mais c’est normal car A2H a un autre univers sonore et que je me suis toujours adapté aux autres pour mes productions, pour respecter la cohérence de l’ensemble. En plus à la base ça devait être un album à trois avec Taipan donc forcément voué à être hybride pour faire des concessions entre nos trois styles, mais il n’a pas pu le faire. Déjà à l’époque de ma première production pour la compilation Nouvelle Donne j’avais fais un son pour Yusiness. Les étiquettes ne me dérangent pas et j’ai assez de hip hop pour proposer autre chose donc j’aime sortir des clous de temps en temps et prouver que je sais faire autre choses.

Et aujourd’hui pourquoi tant de temps entre la sortie de Studio liqueur (mai 2013) et le clip d’Allume la lumière (janvier 2015) ?
C’est dû au monde de l’indépendance, on ne pouvait pas le faire avant et il y avait cette date (ndlr: concert au Petit Bain) qui arrivait et on avait envie de se faire plaisir avec un clip. Il y a deux monde, celui des plans marketing et celui des plans ride. C’est comme Pavillonner je l’ai clipper sept ans après.

Sur Ride Hivernale, tu choisis de prendre l’exact opposé de ton univers habituel, tout en gardant le même état d’esprit, pourquoi ?
Ride Hivernale c’est la volonté d’aller complètement ailleurs et il ne ressemble à rien de ce que j’ai pu faire avant. Sur le fond tu remplaces soleil par pluie, mais c’est surtout la forme et l’esthétisme qui sont différents. J’ai également été influencer par l’album de James Blake, celui avec The Wilhelm Scream. On le ressent sur Automobile Cocooning Music par exemple. L’album de Franck Ocean m’a inspiré aussi. Il mixe du R’n’B, de la soul, du hip hop en les mélangeant avec son propre style. D’ailleurs c’est Squat qui me l’a fait découvrir en me charriant « Tu ne connais pas? Mais mec mets toi à la page! »

En tant que producteur, quelle sont tes albums ou morceaux les plus marquants?
L’album Du berceau à la tombe de Southcide 13. C’est un moment où je commence vraiment à maitriser mon ordi, mon son, la direction que je souhaitais prendre. Et c’est aussi le premier album ou j’ai les clés de A à Z en tant que réalisateur. On a commencé en 2004 et fini en 2008. Kim et Lolo apportent vraiment quelque chose de par leurs vécus, leurs discours, et ce qui m’a vraiment intéressé c’est la possibilité de pouvoir modeler tout ça. Par exemple sur Grandir sur le block, Kim pose seulement sur une batterie. Il pose sur une batterie [Aélpeacha se met à rapper « Grandir sur le block c’est comme un putain de film de…] et ensuite je mets les samples, le roulement de batterie, les flûtes et c’est vraiment un kiff quand tu travailles avec d’autres personnes et qu’elles t’apportent cette matière première… On a travaillé aussi de cette manière avec Driver sur l’Architecte.

Et en solo ?
Le Morceau Splifton Southcide Sarcelles fonk sur J’arrive Jamais parce que j’arrivais à une prod interessante et je n’étais pas le seul à le penser car les gens autour de moi kiffaient ce morceau. En plus c’était une des premières fois que j’utilisais le vocodeur. J’aurais également toujours un lien affectif avec Je reste local car c’est vraiment le moment où j’arrive a un autre son et que je quitte toutes mes mixtapes sur quatre pistes des annes 90′. Et puis c’est Pavillonner, Ya pas qu’la chatte, Chasseur de Fatou. Juin 2000, je me souviens j’avais le bras dans le plâtre et je l’ai fait en trois semaines !

Et pour l’album Word Ride, avec Richard Segal Huredia, comment s’est passé l’enregistrement ? 
Tu passes un mois dans un studio qui est au coeur de Hollywwod, à l’épicentre de tout le bordel. C’est là-bas que se retrouve tous les gens de Los Angeles et des alentours le soir pour aller dans les clubs. Tu trouves de tout, du gangster à la petite blonde en mini jupe et c’est un bordel sans nom. Tu ne fais pas trois jours sans voir les hélicoptères, c’est Pigalle fois douze. Le studio est en plein West Hollywood donc les mecs faisaient plein d’aller-retours. Pendant que tu enregistres, d’un coup tu as des rappeurs qui montent sans que tu les connaissent et qui écoutent tes sons, puis cinq rockeurs qui cherchent de la coke et des putes, tu as Rak Kass qui déboulent, l’un se met trois pulls d’exsta devant toi, l’autre la bouteille de vodka. Ça ne s’arrête jamais, c’est un perpétuel mouvement. Tu es dans un monde où tout va dix fois plus vite, où tout peut arriver à n’importe quel moment. Pour Word Ride j’ai fais deux passages là-bas et enregistré entre 2009 et 2011.

Pour finir, quelle est ton actualité ? 
Un concert le 21 mars 2015 au Pan Pipper à Paris. Avec les musicien et une rappeuse californienne qui s’appelle Reverie. Plus d’autres projets en préparation mais qui sont encore à l’état embryonnaire.

Aélpeacha en concert le 21 mars 2015

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