Mormeck : Champion avec ou sans gants

Hier soir vendredi 5 décembre, dans un quasi anonymat médiatique, Jean-Marc Mormeck enfilait les gants pour ce qui deviendrait sa dernière danse sur un ring. Une défaite et des honneurs.

Je me jurais à chaque fois de ne plus y revenir. Mais je me mens souvent à moi-même et j’y reviens toujours. C’est pas rien de vivre un match de boxe, ça prend aux tripes, surtout si c’est un mec qu’on kiffe qui prend les gnons. Trop de déceptions suite à ses sept dernières années de combats et ce foutu knockout face à ce connard de David Haye. N’allez pas croire que j’étais déçu par Jean-Marc Mormeck – rien à voir – j’étais déçu pour lui.
Déçu parce que le meilleur boxeur français des vingt dernières années – champion du monde deux fois – partait souvent au charbon avec un handicap : ses adversaires le toisaient d’une tête. Et en boxe l’allonge ça compte. Mais Jean-Marc possède quelque chose de plus, situé au-dessus des poings, la-haut dans la boîte crânienne.
Un autre truc qui peut desservir dans le noble art c’est les connards de l’Est. Je l’ai appris gamin avec la mise en charpie d’Apollo Creed par Ivan Drago. Mormeck aussi a taté du soviét’, le grand Wladimir Klitschko, pour une farce de combat à sens unique promu par et pour le business. Mais il y a pas de souci je juge pas, boxeur c’est un métier. Faut faire rentrer les ronds, c’est comme chef de projet ou boulanger sauf que les pains font mal.
Hier, à nouveau un mec de l’Est, Polonais de 26 ans, tout sauf un sac de sable le Mateusz Masternak. Et c’est la dernière chance du Français, son dernier baroud d’honneur. Marche ou crève. En cas de victoire un ultime challenge pour récupérer les ceintures et partir le ventre plein. En cas de défaite le clap de fin. Et la peur d’une méchante rouste. Alors il a tout donné et a soigné sa sortie. Bousculant un combat qui semblait perdu à l’issue du deuxième round, il a fait renaitre l’espoir : intensité, courage et pluie de coups. Il est resté debout et a perdu. Aux points, sans contestation possible.
Tandis que le vainqueur du soir levait les bras sous les sifflets d’un public déçu comme une chaudière bredouille un samedi soir, Mormeck s’empara d’un micro pour s’adresser à sa foule. A chaud et après quarante minutes de patates : « J’ai 42 ans, j’ai choisi ce défi contre ce jeune, sachant que je risquais de le perdre, donc respectez-le et applaudissez-le ».
Alors il a gagné.
Respect.

Pour ne pas partir sur une défaite :

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