The Wu-Tang Revolution pt.II : les individualités

The Wu Tang members

Mardi 2 décembre 2014 sortait le sixième – plus un – album du Wu-Tang Clan, A Better Tomorrow. Ce dernier opus, comme les trois précédents, n’a pas grand intérêt. The Batard Blog vous épargnera donc la douleur de le chroniquer et préfère vous proposer une retrospective du collectif le plus marquant des deux mille dernières années. Seconde partie : les Individualités.

{Part I : Le Groupe}

Les anecdotes font partie intégrante des mythologies. Elles servent à mettre en sur-brillance un moment clé qui aura des très fortes répercussions sur la suite d’une épopée. Celle mettant la négociation Wu-Tang / Loud Record en est le parfait exemple. 1993, tandis que les deux parties signent un contrat assurant la sortie du premier album du collectif, une clause assurant à chacun de ses neufs membres une totale indépendance vis-à-vis du label de la côte Ouest est acceptée par ce dernier. Rza devient à posteriori un génie de la négociation. En fait et pour déboulonner un peu la statue, Loud n’imagine pas alors un avenir radieux pour le groupe de Staten Island et le closing n’a pas été si difficile. Ce qui est certain par contre, c’est que la quasi-totalité des rappeurs du Wu vont profiter de cette clause avec brio, en étant parfois les auteurs d’albums cultes. Avec toujours Rza aux manettes et les collègues du crew en guests. Une façon d’étendre plus encore la toile du Wu-Tang sur la rapindustrie. A la fin de cet article vous vous poserez forcément la même question que moi : pourquoi les clips du Wu et de ses membres sont-ils si laid alors que leur univers est si léché? Si vous avez la réponse…


Rza

Rza aka The Rzarector aka Bobby Digital a obtenu grâce à son talent un privilège que le monde du rap ne distribue qu’au compte-goutte : celui de s’affranchir des frontières de son microcosme. En plus d’être à la production des albums du Wu, des albums solo de ses individualités mais aussi des siens, l’homme a également fondé le très sombre Gravediggaz, avec entre autres Prince Paul de De La Soul. Avant de s’ouvrir à un autre univers en collaborant avec Jim Jarmush (l’immense Ghost Dog avec l’immense Forest Whitaker) ou Quentin Tarentino pour composer la bande originale de certains de leurs long-métrages. Et cette liste est loin d’être exhaustive.

Ghost Dog en intégral :


Raekwon

Raekwon aka The Chef aka Lex Diamonds a sorti en 1995 Only Built 4 Cuban Linx…avec Rza à la réalisation et avec Ghostface Killah sur chacune des pistes ou presque. L’album met en scène la pègre américaine et reste à ce jours un des plus grands moments de l’histoire du rap. La meilleure oeuvre solo d’un membre du Wu. Le reste de sa production fut moins convaincante. Ice Cream – ci-dessous – enregistré deux ans avant la sortie d’Only Built… n’a pas grand chose à voir avec le reste de l’album mais fait parfaitement le lien avec la vidéo précédente et le freestyle des badass sur le banc du parc.


Gza

Gza aka The Genius a également laissé une trace indélébile avec Liquid Swords en 1995.  Encore une fois Rza produit la quasi-intégralité de cet album d’une propreté presque inquiétante. Son deuxième opus Beneath The Surface est également une tuerie. Deux albums cultes et pourtant son nom est rarement un des premiers cités. Moins de frasques sans aucun doute.


Ol'Dirty Bastard

Ol’ Dirty Bastard aka ODB aka Osirus a connu une carrière à l’image de son existence : en dent de scie. Souffrant de troubles qui l’empêchaient d’être constant, ODB est présent sur seulement quelques uns des morceaux du Wu-Tang, mais a malgré tout marqué les esprits par son flow délirant et son charisme de mec ingérable. Son premier album Return to the 36 Chambers: The Dirty Version (toujours Rza) recèle quelques perles. Autre fait d’arme, un duo avec Mariah Carrey, qui le faisait – parait-il – bomber le torse. Reste en paix mec de la rue.


Method Man

Method Man aka Mr. Meth aka Johnny Blaze aka Tical est surement le membre du Wu qui a le plus collaboré avec des rappeurs extérieurs au groupe. Par sa timbre de voix tout de suite identifiable et son charisme, il fut d’ailleurs le premier à être mis en avant avec un morceau solo sur Enter the Wu-Tang (36 Chambers), mais également le premier à sortir son propre album, Tical, en 1994 (produit par Rza). A beaucoup trainé à droite à gauche, mais on retiendra surtout le chemin passé avec Redman, ponctué des opus Blackout I, II et bientôt III. Il a également joué dans plusieurs films (le burlesque How High) et séries (The Wire).


Ghostface Killah

Ghostface Killah aka Ironman aka Tony Stark’s a déjà sorti onze albums en son nom dans sa carrière. Forcément beaucoup de déchets dans le tas, mais Ironman (1996) et Supreme Clientele (2000) restent des bijoux, tous les deux réalisés par Rza. Et personnellement, le mauvais goût affiché par ce badass m’a toujours fait marrer.


Inspectah Deck

Inspectah Deck a mis du temps avant de voler de ses propres ailes, ce qui peut paraitre étonnant tant le gars était le plus présent sur Enter the Wu-Tang (36 Chambers). Ce n’est qu’en 1999 que sort Uncontrolled Substance (devinez avec qui aux manettes). Un homme talentueux et discret.


U-God

U-God aka Golden Arms est, avec Masta Killa, le membre le moins reconnu du groupe. Ses deux premiers albums sont des échecs et il devra attendre 2009 et la sortie de Dopium pour obtenir un relatif succès critique.


Masta Killa

Masta Killa est le plus effacé du groupe. Auteur d’un premier album correct mais tardif, No Said Date en 2004, l’homme préfère rester dans l’ombre. Ne le dérangeons pas.

Part I : Le Groupe

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